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Les Thériault par Jacques Lacoursière

jacqueslacoursiereTexte de Jacques Lacoursière concernant la famille Thériault tel  que présenté le 7 juin 1998 sur les ondes de CBV-Radio-Canada dans  le cadre de l’émission J’ai souvenir encore.

Famille: les Thériault

S'il existe bien des manières d'écrire le patronyme Thériault, les ancêtres sont bien peu nombreux. Yvon Thériault écrit dans le numéro de mai 1992 de la revue L'Ancêtre: "Il semble que l'ancêtre de tous les Thériault d'Amérique soit Jean Terriot, un laboureur poitevin recruté pour l'Acadie au milieu du 17e siècle par Charles de Menou, sieur d'Aulnay et de Charnisay et gouverneur de l'Acadie." Ce qui signifie que les Thériault que nous avons au Québec seraient originaires de l'Acadie.

Mais il faut souligner le mariage de Guy Thériault dit Grandmaison avec Marie-Anne Poulin, mariage célébré à Sainte-Famille de l'île d'Orléans le 3 février 1713. Ce Guy était le fils de Germain Thériault et d'Anne Guillote, de Bourg-Charente, évêché de Saintes, en Angoumois. Quant à Marie-Anne Poulin, elle était la fille de Martin Poulin et de Jeanne Baret, qui demeuraient à Beaupré. La nouvelle mariée, qui était à la veille d'avoir vingt ans, était déjà la mère d'un garçon qui était décédé à l'âge de deux mois et dont le père était Etienne Lessard, un célibataire de dix-huit ans. Le couple Thériault-Poulin aura au moins huit enfants, soit cinq garçons et trois filles. J'ignore ce qu'il est advenu de tous ces gens.

Quant à Jean Thériault, son histoire est beaucoup plus complète. Plusieurs historiens-généalogistes se sont intéressés à son histoire et à celle de ses descendants. En plus d'Yvon Thériault, il y a Bona Arsenault, Adrien Bergeron et Jean-Daniel Thériault. Jean ou Jehan Terriot serait né au tout début du XVIIe siècle. Il aurait émigré en Acadie entre les années 1640 et 1646. Etait-il un trente-six mois? On ne sait trop. Il aurait été recruté par Menou d'Aulnay qui, selon Yvon Thériault, "a effectué deux importants voyages de recrutement en France en 1642 et 1644. Martaizé, le village du laboureur Jean Terriot, ajoute-t-il, se trouve à quelques kilomètres de La Chaussée et faisait partie du fief de la famille de Charles de Menou d'Aulnay." La traversée de l'ancêtre aurait fort bien pu avoir lieu en 1644 et il aurait fait partie des "vingt ménages français qui sont passés avec leurs familles pour commencer à peupler le pays".

A cette époque, l'ancêtre Jean était déjà marié. Vers 1635, il avait épousé Perrine Ruau ou Brault. Au moment de son installation à Port-Royal, la famille se composait de trois ou quatre enfants. Le couple aura en tout sept enfants, cinq garçons et deux filles.

Jeanne, qui était née en 1644, unit sa destinée, seize ans plus tard, à celle de Pierre Thibodeau, alors que Catherine, qui voit le jour en 1649, se marie à l'âge de vingt ans avec Pierre Guillebault.

Claude, l'aîné de la famille, est né en France en 1637. En 1660, il épouse Marie Gauterot qui lui donnera neuf enfants. Jean, qui vient au monde deux ans plus tard, ne semble pas s'être marié. Quant à Bonaventure, né en 1641, il a vingt-quatre ans lorsqu'il se marie avec Jeanne Boudrot. Ils auront trois enfants. Suit Germain. En 1667, à l'âge de vingt ans, il épouse Andrée Brun qui sera la mère de trois enfants. A la suite du décès de son mari, Andrée Brun se remarie, en 1678, avec Emmanuel Hébert.

Pierre, qui est le cadet de l'ancêtre Jean, va jouer un rôle assez important dans l'histoire de l'Acadie pour figurer parmi les personnes dont le deuxième tome du Dictionnaire biographique du Canada retrace la vie. II naît dans la paroisse de Saint-Charles-des-Mines, à Grand-Pré, en 1654 ou 1655. Vers l'année 1683, il épouse Cécile Landry, la fille de René Landry et de Marie Bernard. Il est considéré comme un des fondateurs de l'établissement des Mines. "Suffisamment instruit,sa signature apparaît dans les registres paroissiaux, écrit Yvette Thériault, il semblait doué d'un esprit de décision et d'initiative qui l'incitait à entraîner d'autres jeunes gens dans la grande aventure qu'était la fondation d'un nouvelle établissement. (...) Terriot choisit les riches terres du bassin des Mines et, en peu de temps, la nouvelle colonie se peupla." Ce Pierre Terriot, qui décéda le 21 mars 1725, n'a pas laissé de descendant.

L'ancêtre Jean Thériault disparaît avant le recensement de 1681, car Perrine Ruau y est inscrite comme veuve. Dès cette époque, note Yvon Thériault, "la famille avait déjà commencé à se disperser et les jeunes se sont établis dans des pays neufs: Beaubassin, Grand-Pré, Rivière-aux-Canards, Cobequid". Si plusieurs descendants de Jean Thériault connaîtront la Déportation, d'autres quitteront l'Acadie avant le drame. C'est le cas de Joseph Thériault dont les descendants se trouvent à plusieurs endroits de la Côte-du-Sud. Il était né vers 1719 ou peut-être en 1723 comme l'affirme Adrien Bergeron. Il était le fils de Claude Thériault et de Marguerite Cormier. A Rivière-aux-Canards, en Acadie, lieu de sa naissance, il épouse Agnès Cormier, fille de Pierre Cormier et de Catherine Leblanc. C'est à Beaubassin que naîtront leurs six enfants.

Pour échapper à la Déportation et sans doute à la suite des conseils donnés par le missionnaire François La Guerne, Joseph et sa famille s'enfuient dans les bois. Le généalogiste Jean-Daniel Thériault, dans le numéro de novembre 1994 de la revue L'Ancêtre, cite un article publié cent ans auparavant dans un hebdomadaire de Rivière-du-Loup, le Journal de Fraserville. "Vers l'année 1755, y lisait-on, lors de la persécution des Acadiens par les Anglais, pour éviter l'exil dont on les menaçait, Joseph quitta l'Acadie avec sa femme et ses enfants se réfugiant dans les forêts du Nouveau-Brunswick, craignant toujours d'être traqués et pourchassés par les Anglais, errant à l'aventure dans les bois, ne vivant que de chasse et de pêche, couchant sous le sapin dans des petits camps construits pour l'occasion et, après avoir enduré bien des misères et des privations, cette famille put se rendre à Saint-Jean-Port-Joli, dans la province de Québec, où elle arriva dans l'année 1757." Malgré ce qu'affirme l'article, il est plus que probable que les Thériault aient été en Acadie jusqu'en 1759, car, dans les registres de la paroisse de Saint-François-du-Sud, on peut lire que Catherine, qui y est baptisée le 1er novembre 1759, était née en Acadie le 6 janvier de la même année.

Le 23 septembre 1763, Joseph Thériault obtient la concession d'une terre de neuf arpents de front sur 42 de profondeur. Cette terre était située dans la seigneurie de Sainte-Anne-de-la-Pocatière, au lieu-dit L'Islet-à-La-Peau. Joseph ne put jouir longtemps de sa concession, puisqu'il décéda le 6 novembre 1765, âgé d'environ 46 ans. "A la mort de son époux, écrit Jean-Daniel Thériault, Agnès était déjà enceinte d'une fille qui allait voir le jour le 11 avril 1766 et porter le prénom de Charlotte." Elle sera le huitième enfant de la famille. Quant à la veuve, elle survécut à son mari jusqu'à la mi-novembre 1798. Elle décéda à l'âge de 74 ans.

D'autres Thériault, qui avaient été déportés, s'étaient par la suite établis à Miquelon. Par crainte des suites de la Révolution qui secouait la France, environ 250 Acadiens, dont des Thériault, quittent en 1792 cette île française pour aller s'établir aux lles-de-la-Madeleine.

Des familles Thériault étaient demeurées en France. Un peu avant 1808, Charles Therriault, établi à Saint-Malo, décide d'émigrer au Canada. Selon les recherches de l'historien-généalogiste Marcel Fournier, il s'établit comme pêcheur et agriculteur à la Baie des Chaleurs. A Paspébiac, le 28 février 1808, il épouse Anne Dickson, la fille de Jean Dickson et d'Elisabeth Lebrasseur. Ce couple donnera naissance à au moins huit enfants.

C'était là quelques détails sur un patronyme à l'histoire mouvementée!

 

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